AUTOUR DE MAI 68 : MARKER ET LES GROUPES MEDVEDKINE

Inventeur du ciné-train dans l’Union soviétique des années 1930, Alexandre Medvedkine traversait le pays, tournant et montant des films qu’il pouvait immédiatement projeter sur place à l’Homme soviétique, figure centrale de son oeuvre idéologique. Pleine d’un humour subversif, sa fiction Le Bonheur met en scène « le dernier paysan fainéant du pays » à la recherche de la plénitude. Grand admirateur de cette fable sur la place du travail dans la vie d’un homme, Chris Marker baptisa Groupe Medvedkine les collectifs de réalisation qu’il fonda au sein des usines de Besançon et Sochaux en 1968. 

Nous vous proposons une expérience cinématographique

Comment en trois temps trois mouvements

Marker filme des ouvriers en grève.
Les ouvriers contestent l’image que l’on donne d’eux

Ils se mettent à leur compte (formés à l’utilisation du filmage par Marker)

Le premier groupe Medvekine réalise son film

Soirée animée par Sébastien Layerle, universitaire spécialiste du cinéma militant

Temps 1

À bientôt, j’espère   France | 1967 | 39 minutes | 16 mm

Un film de Chris Marker, Mario Marret

En mars 1967, à Besançon, une grève éclate aux établissements Rhodiaceta qui font partie d’une chaîne d’usines de textiles dépendant du trust Rhône-Poulenc. Cette grève a pris un aspect inhabituel par son refus de dissocier le plan culturel du plan social. Les revendications mises en avant ne concernaient plus seulement les salaires ou la sécurité de l’emploi, mais le mode de vie que la société imposait, impose à la classe ouvrière.

Temps 2

La Charnière   France | 1968 | 13 minutes

un film de Antoine Bonfanti, Pol Cèbe

Le 27 avril 1968, des ouvriers de l’usine Rhodiaceta de Besançon sont réunis à la salle des fêtes de Palente-les-Orchamps pour assister à la projection du film À bientôt j’espère de Mario Marret et Chris Marker. Ce documentaire sonore restitue le débat critique qui s’ensuit. En juin 1969, à la sortie de Classe de lutte, Pol Cèbe, le responsable du Centre culturel de Palente-les-Orchamps, apporte au document sonore une conclusion en forme de bilan. Écho d’un débat intense après la projection d’À bientôt j’espère, le film La Charnière des groupes Medvedkine rend très bien compte de ces moments où les travailleurs expriment leur mécontentement quant à la manière dont ils ont été représentés.

Temps 3

Classe de lutte   France | 1969 | 38 minutes | 16 mm

Un film de Groupe Medvedkine de Besançon, SLON

Le premier film réalisé par les ouvriers du Groupe Medvedkine. Il suit la création d’une section syndicale CGT dans une usine d’horlogerie par une ouvrière dont c’est le premier travail militant en 1968. Comment Suzanne réussit à mobiliser les autres femmes de l’entreprise, malgré la méfiance des dirigeants syndicaux et les intimidations du patronat.

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