de Pier Paolo Pasolini, Italie-France, 1969, 1h38, VO
avec Jean-Pierre Léaud, Anne Wiazemsky, Pierre Clementi
Le célèbre film de Pasolini se compose de deux actions/époques parallèles : l’une se situe dans un Moyen-âge supposé, aux abords d’un volcan en activité ; l’autre durant les premières années d’après-guerre, en Allemagne.
Un solitaire cannibale erre dans un paysage désolé, vagabonde et survit avec ce qu’il trouve au jour le jour. Voilà pour la période « archaïque » et élémentaire. Mais en parallèle de cette « histoire » primitive, les discussions abondent entre le fils d’un riche industriel nazi et son amie Ida, tous deux cloîtrés dans la luxueuse propriété du père. Le fils entretiendrait une relation secrète, passionnée, peut-être perverse, avec des porcs… Malaise dans la civilisation ? Le sujet initial du projet est pourtant l’Etna. Avec ce film à la dialectique originale, propre à la démarche instinctive du cinéaste, Pasolini entendait interroger la société et le monde, les liens essentiels et mystérieux qui y coexistent entre profane et sacré, un an après Théorème, cinq ans après l’Évangile selon Saint Matthieu.